A contre sens

JANVIER, LE MOIS DES VIEUX

En ce début d’année, je vous présente mes meilleurs vieux. Bien sûr, je suis un peu en retard mais la froidure de la saison interdit de sortir les vieux par n’importe quel temps, de plus, il est nécessaire qu’ils portent écharpe, bonnet et gants, et qu’ils soient vaccinés contre le COVID et la grippe. En fait, ces précautions sont inutiles car mes vieux sortent de l’ordinaire.

Vous le voyez, ils ont fière allure, ces vieux de plus en plus jeunes, prêts à partir en voyage, faisant la java jusqu’à point d’heure sans se soucier de la permission de minuit, allant jusqu’à conter fleurette aux belles en quarantaine….

Et que dire des vieux de la vieille ? Ils ont bourlingué, roulé leur bosse partout, remplis d’expérience et de sagesse, ils avancent avec confiance dans l’avenir et dévore le présent et sont très utiles pour remonter le passé. Demandez leur s’ils se souviennent d’avoir vu un mois de décembre si doux, ils vous répondront que de mémoire de plus vieux du pays ils n’ont jamais vu un décembre pareil depuis le début de leur carrière de plus vieux du pays.

L’autre jour, j’ai rencontré un ami et lui ai demandé : « Comment vas-tu ? » Il m’a répondu : « Comme les vieux ». Alors je lui ai dit : « Je suis content car tu vas vraiment très bien ».

Gérard

BON NOËL-AN

Il est né sous l’occupation romaine, les habitants de la Galilée aspiraient à la liberté comme ceux d’Ukraine aujourd’hui. Les César Auguste et les Hérode, les Poutine et les Xi Jinping règnent en maîtres. Les migrants, victimes de persécutions ou de dérèglement climatique s’embarquent vers l’inconnu affrontant mille écueils, comme jadis, ce couple de Nazareth en partance vers Bethléem. Marie et Joseph devenus demandeurs d’asile, sont rejetés vers un ailleurs incertain et, chez nous, les SDF squattant des logements inoccupés sont poursuivis par la justice et risquent la prison. Une voix dans le désert commandait de partager avec celui qui a faim, en 2021–2022, plus d’un million de personnes se sont pressées aux restos du cœur. La-bas, les anges chantent les louanges d’un nouveau-né et, ici, des consacrés défigurent des visages d’ange. Le peuple d’Israël attend un sauveur et notre planète n’en peut plus de gémir, elle attend que les hommes viennent à son secours.

Un enfant vulnérable est né  ; des bergers, ces moins que rien, se dérangent pour lui apporter leur obole de guetteurs d’aurore, des étrangers se « dés-orientent » volontairement, errants obstinés, ils suivent l’étoile de la connaissance. La flammèche allumée dans le giron de Marie, grandit, se propage, embrase toute la terre. L’amour ruisselle comme les fleuves de Babylone et se divinise dans les eaux du Jourdain.

Mais la Bête rode : Mammon et ses sbires du CAC40 occupent le terrain, brisent la confiance, sapent la courtoisie, éteignent la soif, noircissent la mémoire, enlaidissent le passé, ensevelissent la beauté, enrayent l'enthousiasme, emprisonnent l’espérance.

En 2023, la lumière restera-t-elle sous le sapin ? Notre monde frissonne, malade, en proie à la désespérance, que la clarté de Noël vivifiante, vaillante et audacieuse qui frémit et palpite en nous, l’ensoleille !

 

Gérard Cordier

 
 
 
 

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Date de dernière mise à jour : 16/01/2023