NOUVELLES DES EGLISES

 

 

 

04 juin 2021

Haïti: les évêques appellent le pouvoir à renoncer au projet de référendum constitutionnel

Analyse

Dans une note diffusée mardi 1er juin, la conférence des évêques catholiques de Haïti invite le gouvernement à renoncer au référendum constitutionnel prévu le 27 juin, en raison de la crise sociopolitique et économique qui affecte le pays.

Les évêques haïtiens tirent la sonnette d’alarme à l’approche du référendum constitutionnel prévu par le gouvernement du président Jovenel Moise le 27 juin. Dans une note publiée mardi 1er juin, les évêques dénoncent la « volonté de doter le pays à tout prix d’une nouvelle constitution par voie référendaire ». « La décision de remplacer une Constitution ne devrait pas être prise en pleine crise politique où l’on peine à trouver un consensus pour s’en sortir. S’entêter à le faire va enfoncer le pays dans une crise encore plus profonde » écrivent-ils encore.

      1. cri du cœur des évêques haïtiens

La mise en place du matériel électoral dans certaines villes a déjà déclenché la colère de la population à travers des manifestations rassemblant des milliers de Haïtiens, ainsi que des heurts et des incendies. Début mai, la communauté internationale faisait état de ses inquiétudes et de son désaccord quant à la tenue de ce référendum. En particulier, le Core group (composé de représentants des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’organisation des États américains ainsi que des ambassades d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de la France, des États-Unis et de l’Espagne) se disait préoccupé d’un processus insuffisamment « inclusif, participatif ou transparent » dans ce pays privé de Parlement fonctionnel depuis janvier 2020.

Une large coalition composée de juristes a également dénoncé la violation de l’article 284-3 de la Constitution de la République DDE Haïti selon lequel « toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ».

C’est au tour de la Conférence des évêques de Haïti (CEH) d’appeler le président Jovenel Moise à renoncer à son projet et à penser au devenir du peuple haïtien. « L’Église ne peut abandonner l’humain » écrit la CEH, « en vertu de la mission qui lui a été confiée de rendre témoignage à la vérité ».

      1. aux plaies qui rongent le pays

Outre des motifs politiques et économiques, les évêques en appellent à la raison et à la fraternité : « Les cris angoissants de nos sœurs et frères trouvent un vibrant écho en nos cœurs d’évêques ».

Il s’agit d ‘éviter de faire peser sur le peuple de lourds fardeaux qui auront pour conséquence de ralentir ou même bloquer sa marche vers son plein épanouissement », ajoutent-ils. Les évêques catholiques de Haïti invitent le gouvernement en place à s’attaquer d’abord et de manière urgente aux plaies qui rongent le pays : misère, insécurité, instabilité et illégalité chronique. C’est le second appel de la CEH après celui du 2 février, où elle invitait le Président Jovenel Moise à « faire preuve de discipline, de raison et de sagesse dans la recherche des intérêts supérieurs de la nation » alors qu’il avait émis le souhait de prolonger illégalement son mandat présidentiel.

Source : La Croix 03 / 06 / 2021

 

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26 mai 2021

La fronde des prêtres allemands

Publié le 20 mai 2021
par Bernadette Sauvaget (Témoignage Chrétien)

 

Le 10 mai 2021 a été un jour de résistance… en Allemagne. Une centaine de prêtres, essentiellement dans la partie ouest du pays, ont décidé de passer outre les consignes de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). Dans un texte publié le 15 mars 2021, cette dernière avait rappelé que la bénédiction des couples gays était « ­illicite ». Outre-Rhin, l’initiative « Liebe gewinnt » a décidé de montrer, tout au contraire, que « l’amour l’emporte ». Banderoles aux couleurs arc-en-ciel déployées, pétition signée par plus de quatre mille responsables d’Église et nombreux témoignages de couples et de familles ont mis sur le devant de la scène une question de plus en plus brûlante pour le catholicisme mondial, très polarisé en la matière entre Nord et Sud.

« Nous avons tous les deux une éducation catholique, raconte à Libération Alex à la sortie d’une église de Potsdam, près de Berlin, où son couple vient d’être béni par un prêtre. Cela nous a paru toujours étrange d’être exclus à cause de notre orientation sexuelle, alors que nous vivons normalement au sein de la paroisse. C’est douloureux de voir que Rome vit dans une autre réalité. » Avec cette rébellion, la puissante Église d’Allemagne prend la tête d’une contestation qui pourrait s’ancrer dans la durée. Ce n’est guère surprenant : les débats les plus ouverts au sein du catholicisme y ont désormais lieu. Comme l’ordination des femmes et des hommes mariés, la question des droits des LGBT est en effet à l’ordre du jour du « chemin synodal » qui devrait s’y achever fin 2022.

La contestation publique de la CDF par des évêques et des cardinaux, en Allemagne, en Belgique, en Australie ou en Suisse, et la fronde allemande restent pour l’instant minoritaires mais très médiatiques. Mais la question des droits des LGBT pourrait bien empoisonner la fin du pontificat de François. Contrairement à ce qu’il en est de celui de la peine de mort, ce dernier n’a pas fait évoluer d’un iota la doctrine concernant ce sujet. Ainsi, il n’a pas aboli les articles du catéchisme controversés qui stipulent que « la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” » (art. 2357) et que « les personnes homosexuelles sont appelés à la ­chasteté », soit la continence (art. 2359).

Le jésuite argentin tente de tenir les deux bouts : une pastorale d’accueil et d’ouverture et une fermeté doctrinale de plus en plus visible. François a laissé publier la note de la CDF, entretenant une sorte d’« en même temps » pontifical, y compris ces dernières semaines. « La théologie morale ne peut pas réfléchir uniquement sur la formulation des principes et des normes, mais il faut qu’elle assume de manière concrète la réalité qui dépasse toute idée », écrivait-il encore le 23 mars dernier. N’est-ce pas tenter de concilier l’inconciliable ? Tandis que l’heure du bilan de ce pontificat approche inexorablement, ce type de discours laissera des traces.

Bernadette Sauvaget

 

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17 mai 2021

Hémisphère sud 

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens du 16 au 23 mai

Traditionnellement, la Semaine de prière est célébrée du 18 au 25 janvier, entre la commémoration de la confession de foi de saint Pierre et celle de la conversion de saint Paul. Dans l'hémisphère Sud, où janvier est une période de congés, les Églises trouvent souvent un autre moment pour la célébrer, par exemple aux alentours de la Pentecôte, qui est aussi une date symbolique pour l'unité.

La semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens 2021 a été préparée par la Communauté monastique œcuménique de Grandchamp en Suisse. Le thème choisi, basé sur le texte de Jean 15,1-17, exprime sa vocation de prière, de réconciliation et d’unité dans l’Église et la famille humaine: Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance.

Source : https://www.oikoumene.org/fr/events/week-of-prayer-for-christian-unity

 

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09 mai 2021

La bénédiction des couples de même sexe fait débat en Allemagne.

Le 15 mars dernier, la Congrégation catholique pour la doctrine de la foi publiait une note dans laquelle elle déclarait illicite toute forme de bénédiction qui tend à reconnaître les unions homosexuelles. A réception du texte, deux prêtres de l’Eglise allemande, de deux régions différentes, ont lancé un appel à leurs confrères pour s’opposer à cette décision. Ils ont récolté plus de 2600 signatures en dix jours. Des prêtres, diacres, membres d’ordre religieux qui affirment ainsi vouloir « continuer à accompagner les personnes qui s’engagent dans une relation sérieuse », et « à bénir leur relation ». Une action dite de « bénédiction » sera par ailleurs organisée le 10 mai dans toute l’Allemagne pour bénir des couples ne pouvant se marier religieusement. Certains évêques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’appliqueraient pas de sanction.

Sources : La Croix et Le Messager mai/juin 2021

 

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17 septembre 2020 - Chine-Vatican : un accord historique ?

La Chine et le Vatican se sont entendus pour prolonger de deux ans l’accord historique conclu en 2018. Le texte permet à Pékin et Rome de se mettre d’accord sur la question ultrasensible de la nomination d’évêques, dans un contexte de durcissement du pouvoir chinois.

Il y a deux ans, il avait été salué comme un accord historique. Et il l’était. Après quasiment 70 ans d’absence de relations diplomatiques, l’accord entre la Chine et le Saint-Siège, signé le 22 septembre 2018, portant sur la nomination des évêques avait été largement salué. Mais ce texte, valable deux ans, dont le contenu a toujours été tenu secret, doit arriver à échéance dans quelques jours. Et il était jusqu’alors incertain qu’il soit reconduit. Or, ce sera bel et bien le cas,

L’accord sino-vatican sera prorogé de deux ans, et conservera exactement les mêmes termes que celui signé en 2018 entre Rome et Pékin. Et sa reconduction constitue en soi un événement. Si la question de la nomination d’évêques peut paraître technique, ce qui est en jeu aux yeux de Rome n’est rien de moins que l’unité des catholiques chinois, et l’évitement d’un éventuel schisme. Et ce dans un pays où les autorités désignent d’elles-mêmes, depuis des dizaines d’années et sans l’aval de Rome, les évêques qu’elles souhaitent, parallèlement à la création d’évêques « clandestins », restés fidèles à Rome. Par deux fois, en 2016 et 2018, les autorités chinoises avaient d’ailleurs affirmé leur volonté de nommer une quarantaine d’évêques en dehors de toute approbation de Rome. Des nominations massives qui auraient ancré dans l’Église chinoise une séparation d’avec Rome, et aurait rendu difficile une reconnaissance postérieure.

Si le pape a, selon les termes connus de l’accord, toujours le dernier mot sur les nominations épiscopales – en d’autres termes une sorte de droit de veto —, Rome s’engage de son côté à ne plus nommer d’évêques clandestins, c’est-à-dire sans accord de Pékin. Le jour même de la signature de l’accord, le 22 septembre 2018, sept évêques officiels ont ainsi été confirmés par Rome. Presque un an plus tard, en août 2019, deux nouveaux ont été ordonnés. Résultat : tous les évêques chinois sont aujourd’hui reconnus en communion avec le pape.

Les délégations chinoises et vaticanes se rencontrent régulièrement, le confinement, au printemps, n’interrompant même pas ces échanges. En novembre, plusieurs négociateurs venus du Vatican, emmenés par le représentant du pape Mgr Claudio Maria Celli, ont même reçu l’autorisation de célébrer une messe privée avec l’archevêque de Pékin, dans la cathédrale de la capitale chinoise. Une première. Un événement suivi en février d’une rencontre historique entre le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, et son homologue du Vatican, Mgr Paul Richard Gallagher. Deux nouveaux évêques pourraient également être désignés puis ordonnés dans les prochains mois.

Toutefois, il est à noter que ce renouvellement se produit dans un contexte de durcissement du pouvoir chinois, qui vient nourrir de vives critiques à l’égard du texte. Dont celles émises régulièrement, dès octobre 2018, par l’ancien évêque de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, qui estimait alors que l’accord pourrait mener à « l’anéantissement de la vraie Église » chinoise. Sans aller aussi loin que le cardinal chinois, certains déplorent cependant la détérioration, selon eux, des conditions de vie de certains catholiques chinois.

Ces derniers mois, le père Bernardo Cervellera, prêtre d à l’Institut pontifical pour les missions étrangères qui pilote, à Rome, le portail d’informations Asia News, a ainsi eu vent de destructions de calvaires, d’enlèvements de prêtres ou encore de présence de la police à l’entrée des églises pour interdire l’entrée des mineurs. « Le fait que cet accord reste secret est un réel problème, car les autorités chinoises peuvent se prévaloir d’une caution du Vatican pour mener ces actions », s’inquiète le prêtre. Il déplore aussi le fait que dans certains diocèses, les prêtres et les évêques doivent s’engager à ne pas évangéliser en dehors de leur territoire paroissial, et s’inscrire à l’association patriotique des catholiques chinois. « Tous ces éléments laissent à penser que cet accord ne conduit pas au respect de la liberté religieuse », regrette ce missionnaire.

Comme d’autres, il s’interroge aussi sur le silence du pape sur deux questions très sensibles ces derniers mois : le traitement de la minorité Ouïgours et la reprise en main de Hong Kong. « Je comprends que le pape ne veuille pas parler par crainte d’être instrumentalisé. Mais il est peut-être mieux de prendre le risque de l’instrumentalisation, plutôt que de se taire », poursuit-il.

« Les situations sont très diverses en fonction des provinces »

À ces critiques, les défenseurs de l’accord opposent un choix de realpolitik fait par le Vatican. Et invitent à ne pas considérer la Chine comme un bloc monochrome. « Les situations sont très diverses en fonction des provinces. Dans certains lieux, les choses se sont améliorées, dans d’autres non », tempère une source proche des négociateurs.

« Croire que la parole du pape sur Hong Kong ou les Ouïgours pourrait avoir le même effet que celle de Jean-Paul II sur la Pologne communiste constitue une erreur d’analyse. Les deux régimes n’ont rien à voir, et la Chine d’aujourd’hui n’est pas la Pologne des années 1980 », insiste, pour sa part, l’historien Massimo Faggioli, faisant référence au soutien de Jean-Paul II au syndicat anticommuniste Solidarnosc. « Par ailleurs, se pose toujours la question du lien entre une éventuelle prise de position publique du pape et la sécurité des catholiques locaux. »

« Même si la portée des mots du pape reste forte sur un plan symbolique, il n’a aucune ambassade, aucun lien, aucun outil de pression géopolitique. Le pape n’est pas un chef d’État, donc on ne peut pas attendre de lui qu’il agisse comme tel », souligne ainsi Gianni Valente, spécialiste de la Chine à l’Agence Fides, liée à la congrégation pour l’évangélisation des peuples, qui invite lui aussi à ne pas surestimer le poids de la parole du pape en Chine.

 

(Extraits de La Croix du 16 septembre 2020)

 

 

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3 septembre 2020

Le 3 septembre, c’est un convoi assez exceptionnel qui se rendra au Vatican pour rencontrer le pape François, en train, puis en bus. Parmi eux, des personnalités du monde de l’écologie, militants comme Pablo Servigne, spécialiste de collapsologie, Valérie Cabanès, juriste engagée pour la reconnaissance d’un « écocide » – un point sur lequel le pape François a lui aussi publiquement pris position, en novembre dernier, – ou encore l’actrice Juliette Binoche – elle avait signé avec d’autres personnalités en pleine crise du Covid-19 une tribune  pour appeler dirigeants et citoyens à travailler de concert à une réforme profonde des objectifs, des valeurs et des économies.

Une petite révolution silencieuse

« L’idée, explique Raphaël Cornu-Thénard, une des chevilles ouvrières du projet, architecte et fondateur d’Anuncio et du Congrès Mission, est de faire une passerelle entre l’Église et le monde profane, pour créer plus de liens entre des mouvements écolos non catholiques et l’Église. » Catholiques et non-catholiques, hommes et femmes, tous sensibles aux problématiques environnementales, mais diversement engagés. 

Outre les personnalités précédemment citées, le groupe d’une quinzaine de personnes compte aussi Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, Laurent Landete, directeur général délégué du Collège des Bernardins, Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS et prêtre jésuite, Elena Lasida, professeure à l'Institut catholique de Paris (ICP) et docteure en sciences économiques et sociales, Xavier Houot, directeur environnement d’une grosse société, Aurélien Gonthier, jeune agriculteur dans le Loiret, Damien Nodé-Langlois, professeur de SVT, apiculteur – il travaille à la Protection judiciaire des jeunes, ainsi que Maxime et Elena de Rostolan, entrepreneurs écologistes, dans le domaine de l'agroécologie et de la permaculture.

L’histoire de cette folle épopée commence cinq ans après la publication de Laudato si’. En novembre 2019, l’assemblée plénière des évêques de Lourdes décide, sous la houlette de son nouveau président, Éric de Moulins-Beaufort, de commencer ses travaux par un jour et demi de travail sur l’écologie. Le rendez-vous est une réussite, . La formule convainc Raphaël Cornu-Thénard, Laurent Landete et Éric de Moulins-Beaufort de prolonger l’expérience par un voyage à Rome, pour rencontrer le pape François. L’objectif est de demander au pape comment il évalue la réception de ce texte majeur qu’est Laudato si'.
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Gaël Giraud, jésuite, directeur de recherche au CNRS) 

Quel est le but de cette rencontre ? « Chacun aura un petit temps d’intervention, ensuite il y aura probablement des demandes », répond Raphaël Cornu-Thénard, qui ne veut pas donner un cadre trop important afin de permettre à l’échange de se dérouler le plus librement possible........Le deuxième point est que ceux qui seront là, et qui ne sont pas forcément chrétiens, puissent dire comment ils reçoivent l’encyclique. » Enfin, conclut le prêtre jésuite, « j’aimerais lui demander ce qu’il attendrait d’un groupe comme le nôtre, où il y a des hommes, des femmes, des clercs et des laïcs, des gens engagés dans l’Église et des gens qui ne le sont pas… car cette composition est fidèle à un certain état d’esprit de l’encyclique ! » Pour chacun des membres, le pape représente quelqu'un de différent, mais pour tous, il consonne comme porteur d’un appel audacieux et d’une espérance.

(Dans l'hebdomadaire La Vie du 25 août 2020)


 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 07/06/2021